Le 6 novembre 1800, le gouvernement du Bas-Canada accorde des lettres patentes à James Rankin et à ses associés en vue de coloniser la partie méridionale du canton de Hereford .

Ils se voient concéder entre 800 et 1 200 acres chacun mais aucun parmi eux ne s’établira sur ces terres. Dès 1808, les premières familles s’installent au hameau Hall Stream. Les Hibbard, Heath, Weston, Wells et Prouty exploitent des terres tout de même assez fertiles et bien arrosées. Mais habiter une frontière mal définie provoque une situation conflictuelle entre le Bas-Canada et les États-Unis. Ce flou juridique entraînera la constitution de la République de l’Indian Stream en 1832.

1815 à 1860

La population du canton passe de 146 habitants en 1825 à 346 en 1851. Anglophones en totalité, ils ont pour origine la Grande-Bretagne, l’Irlande et les États-Unis. Universalistes, Baptistes, Épiscopaliens et Méthodistes se partagent les principales croyances religieuses. L’économie repose essentiellement sur l’agriculture et la forêt. Le 8 janvier 1860, se tient la première assemblée de conseil de la Municipalité du Canton de Hereford sous la présidence du maire Aaron Workman.

Après plus d’un demi-siècle de colonisation anglophone, le canton n’est toujours pas arpenté dans sa partie nord. En 1861, sous l’égide du curé Jean-Baptiste Champeaux, il y a arrivée massive de Canadiens-Français qui viennent en partie de la région de Beloeil. Le 21 juillet 1862, un décret autorise l’érection de la première chapelle catholique. Au cours des années subséquentes, des francophones s’installent aussi dans le sud du canton. La chapelle ne suffit plus et un débat s’enclenche sur plusieurs années concernant l’emplacement à choisir pour la construction d’une église. Elle sera finalement construite dans ce qui est aujourd’hui le village de Saint-Venant-de-Paquette, église toute de bois maintenant classée bâtiment patrimonial. Toutefois, les colons installés à l’est n’auront pas dit leur dernier mot.

East Hereford 1815

1881-1900

L’industrie forestière prend de l’importance surtout dans les parties ouest et est du canton. Ce sont dans ces parties que se concentrent les plus grandes terres et leurs occupants. En 1881, la population s’établit à 1 498 habitants. La famille Van Dyke, en particulier les frères George et Thomas-Henry, marqueront l’histoire en tant que propriétaires de plus de 4 000 acres de terres. Elles fourniront le bois à la compagnie Connecticut Valley Lumber dont George est l’actionnaire principal. Ce dernier jouera un rôle clé dans la venue du chemin de fer en 1887 dans la partie est du canton, le «Hereford Branch Railway». Au cours des années subséquentes, la vie économique et sociale s’anime: moulins à scie, moulins à farine, magasins généraux, boutiques de forge, cordonneries, beurreries, fromageries, bureaux de postes, bureaux de douanes et écoles offrent des services variés aux habitants. (Photo: George Van Dyke)

Georges Van Dyke

1903-1917

En 1903, la partie sud-ouest du canton  est rattachée à une partie du canton de Barnston pour former la corporation de Saint-Herménégilde. Entre les deux pôles restants, les choses se corsent. Comme les francophones sont surtout établis au nord et que les opérations forestières nécessitent beaucoup de main-d’œuvre au centre et à l’est, l’établissement d’une chapelle et d’une paroisse devient incontournable pour Hereford Est.  En 1896, une requête est adressée au diocèse pour la construction d’une modeste chapelle mais les choses traîneront pendant dix ans. En 1907, une assemblée de francs-tenanciers, avec à sa tête Thomas-Henry Van Dyke, demande la création d’une nouvelle paroisse et la construction d’une église. Les paroissiens de Saint-Venant s’y opposent farouchement. Malgré tout, le 20 décembre 1907, on célèbre la première messe à Hereford Est. Le 11 juin 1917, c’est la constitution de la Municipalité de la paroisse de Saint-Venant-de-Hereford. (Photo : Première église 1908-1935)

Première église 1908-1935

1925-1985

En 1925, le train cessera de siffler et le seul chef de gare qu’aura connu East Hereford, M. Joseph-Alphonse Laverdière, quittera la municipalité. L’économie locale se ressentira plus ou moins de cette perte, les habitants étant de fiers entrepreneurs. L’économie locale d’aujourd’hui est encore à l’image de celle façonnée à cette époque, la forêt et l’agriculture étant sources premières de subsistance. (Photo : Gare d'East Hereford 1920)

Gare d'East Hereford 1920

1986

En 1986, la Municipalité du Canton de Hereford changera son nom pour celui de Municipalité d’East Hereford.

Village d'East Hereford en 1986